Maxime Taillez | Frontière

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Dans l’imaginaire collectif, le passage de la frontière représente un changement d’univers soudain sinon brutal. Dans un monde globalisé, cela correspond pourtant de moins en moins à la réalité et cela particulièrement dans l’Europe de Schengen.

Ayant grandi dans le Nord de la France, j’ai tellement traversé la frontière vers la Belgique qu’il me semble qu’elle n’existe même plus. Pour moi, les espaces frontaliers correspondent moins à une délimitation concrète qu’à une géographie personnelle.

En tout cas pour bon nombre de gens, plutôt qu’un lieu de transition rapide, c’est un espace d’échanges. Les no-man’s land autour des anciens postes de douane sont devenus des destinations, celles d’un tourisme bas de gamme dans des zones commerciales hors taxes. Tandis que les frontières dites naturelles sont exploitées par l’homme à des fins commerciales ou de loisirs.

 J’ai commencé ce travail durant mes études à Bruxelles, en 2012, et il est toujours d’actualité. Jusqu’ici, j’ai travaillé sur les frontières avec l’Angleterre (à Calais), la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Suisse et l’Italie. Je conduis ou marche le long des frontières françaises, documentant avec ma chambre 4×5, un territoire qui a changé et évolué à travers le temps, par le biais de situations politiques diverses, et comment les hommes vivent aux alentours de celui-ci.

Les images sont prises avec du film négatif couleur de marque Fuji et Kodak, avec une chambre 4×5 inch. Les négatifs sont numérisés sur scanner Imacon et tirées sur papier FineArt semi-brillant au format 80x100cm.