Marie-Noëlle Dailly | Rouyn Noranda 1998

online :

J’ai besoin de longs moments de prospection. La ville multiforme. Je vais à sa rencontre vers l’inconnu, marchant de manière hésitante, en infirme.
Pérégrinations sur les sentiers urbains, là, comme aller à l’école ou bien faire des courses dessinent un périmètre de mémoire. Je m’approprie quelques fragments du lieu comme autant de nœuds dans un fil d’Ariane.

· Non pas nommer, mais formuler.

Petit à petit la continuité du parcours devient fragmentaire.
Une première lecture des photos sur la planche contact précise le choix des lieux, objets. Considéré hors de leur contexte la lecture des images sur le planche contact réalise un nouveau parcours sur base d’autres critères … photographiques. Il s’agit de voir à quoi ressemble une chose une fois qu’elle a été photographiée.

Relectures multiples. Le lieu enregistré devient écriture. La photographie s’affirme, elle appelle un développement de l’objet comme langage. L’architecture de la banalité vole en éclat, pour prendre sa légèreté de parole lire. Langage modeste non pas seulement, ou rien que, ou simplement, ou uniquement une idée, un fait social, un leurre, mais pleinement l’architecture, là, sans architecture; tout l’urbanisme offert sans comprendre; totalement lieu.

· Invariable provisoire

Retourner sur le terrain, se confronter aux paysages, aux images, apprivoiser l’espace rencontre le désir d’organiser l’expérience, de construire une œuvre progressivement «invariable » dans une cadre.
Je crois être arrivée au bout, approcher un résultat, et j’échoue… impuissance subtile à organiser le monde, trop heureuse d’être toujours surprise d’un mouvement que je tente à nouveau de décrire. Et chacune de ces découvertes est une répétition du même lieu.

Ce processus d’élimination ne me fournit que des images provisoires.