Dorian Teti | Resistances

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Published in Revue l’héliotrope #06 “Mettre en scène” – nov. 2011

Ce projet photographique a pour origine une réflexion sur le rapport que nous entretenons avec l’espace domestique, celui de la maison.

S’il est question de l’objet, qui meuble l’espace, ou qui le compose, il est question également du corps, et des mouvements induits par leur manipulation. Ce qui m’a intéressé dernièrement, et qui a fait l’objet de mon sujet de mémoire de fin d’études, est la mise en scène dissimulée derrière l’appréhension d’un objet ou d’une fonction usuelle comme, par exemple, manger, se vêtir, s’asseoir. Autant de situations qui sont régies par tout un ensemble de mouvements usuels et codifiés, voire parfois rituels. Ainsi, j’ai voulu mettre en scène photographiquement ce qui se met en scène dans nos propres quotidiens. Mais toujours au travers de ses mouvements et situations anodines, auxquels on ne porte que peu souvent notre attention. Concernant l’agencement des corps, des situations, la scène était construite de façon parfois très minutieuse et calculée, parfois de façon plus spontanée. Il était important pour moi d’être surpris, autant que le modèle qui effectue les gestes, par la forme absurde des corps engendré par la répétition de gestes.

Ainsi il est question de se confronter aux murs, aux objets, et de trouver sa place dans l’espace limité. Avec des gestes qui semblent tous désorganisés, mais
centrés sur un même objectif : transgresser la norme, transgresser nos propres mises en scène, explorer les potentialités fictionnelles du décor et des objets en
vue de briser un réel. C’est par cette digression faite à nos habitudes de « faire » que peut alors s’entamer une certaine forme de résistance : résistance face à l’autorité de l’objet et de l’espace, face à la mise en scène.