L'héliotrope - revue photographique

  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size
French (Fr)English (United Kingdom)
There are no translations available.

Michel Lebelhomme

Michel Le Belhomme

né en 1973
vit et travaille à Rennes
http://www.yourshot.eu/michellebelhomme


EXPOSITIONS  :
2012 - « Biennale « Photographie et Architecture », # 4 , les espaces du quotidien», Bruxelles, Belgique.
2011 - « MANIFESTO », Festival d’images, Toulouse, France.
2011 - « LA BÊTE AVEUGLE », Galerie Voies-Off, Arles, France.
2011 - « 16 ème Festival VOIES-OFF », Projection de la série « La Bête Aveugle », Arles, France.
2011 - « 2ème Nuit de L’Instant », Carte Blanche Voies OFF, Marseille, France
2011 - « 11 ème BOUTOGRAPHIES », Montpellier, France.
2011 - « DIORAMA », semaine critique Sainte- Beuve, carte blanche, interventions in situ polymorphe en différents lieux du port de la ville, en collaboration avec Aurélien Maillard / sculpteur, Emmanuel SORIN / architecte, Boulogne Sur Mer, France.
2010 - « 15 ème Festival VOIES-OFF », Projection de la série « La Bête Aveugle, Arles, France.
2004 - « Salon d’art contemporain », Montrouge, France.
2001 - « Jeune création », Espace Charlie Parker, Grande halle de la Villette, Paris.
2001 - « GÉO-PROCESS », CCBP (Centre de Création de Bazouges-la-Pérouse). Collectif Nieuw DATA
2000 -« Nieuw DATA », Exposition de travaux personnels des membres du collectif NIEUW DATA, ainsi que des travaux réalisés par ce collectif, Fougères.
2000 - « Scènes de genre, territoires fictionnels », exposition personnelle, dans le cadre du « MOIS OFF» de la photographie, Pantin. Conférence off, images et attitude ; en compagnie de Jean RAULT, Dominique Gaessler, Georges Collins, Francis Combes.
2000 - « Configuration », Rennes, galerie Le Coin. Exposition du Collectif Nieuw DATA
2000 - « Grand Chantier »,dans le cadre d’Electrohappening, scène ouverte aux expérimentations multimédia, Halle Martenot, Rennes. Exposition du Collectif Nieuw DATA
1996/97 - « Figures d’écoles », exposition itinérante,Galerie le Lieu, Lorient ; Galerie du Triangle, Rennes ; Galerie L’Imagerie, Lannion ; Quimper.
1996 - « Mai de la photographie », Reims.

BOURSES - RÉCOMPENSE :
2010 - Lauréat du premier “ PRIX LACRITIQUE.ORG – VOIS-OFF ”, Arles
2010 - Lauréat concours MISSION JEUNES ARTISTES, Toulouse.
2010 - Lauréat concours SFR JEUNES TALENTS – PHOTOGRAPHIE.COM “ Raconter une histoire ”.
2000 - aide a la création, DRAC BRETAGNE.

PUBLICATION :
2011 - KIBLIND magazine, pages Blanches
2010 - Photo Nouvelles n°65, accompagné d’un texte critique de Christian Gattinoni
2004 - catalaogue de l’exposition « Salon d’art contemporain », Montrouge, France.
2000 - catalaogue de l’exposition « Jeune création », Paris.
2001 - cédérom « GÉO-PROCESS », CCBP éditions.
2000 - catalogue « MOIS OFF» de la photographie, éd le temps des cerises.

 


"La Bête Aveugle" - 2010

LA BÊTE AVEUGLE
Si les images de Michel Le Belhomme nous troublent à ce point, c’est peut-être parce qu’elles sont habitées par les spectres d’un retour à la sauvagerie et au dénuement. Un toit pour se protéger est l’aspiration de l’homme depuis qu’il est homme.
La perte, la disparition, l’écroulement de l’abri sont, de toutes les menaces, parmi les pires sources de cauchemars. Mais ces constructions confuses et ces espaces saturés sont peuplés d’autres fantasmes encore : ce qui est irruption du désordre dans l’espace intime, ce qui enferme et isole, ce qui aliène et rend fou, camisole et espace clos du délire.
Une image forte parle à côté de ce qu’elle décrit, et sait préserver tout l’espace des paradoxes, des tensions contraires et contradictoires : ici le manque et le trop plein, la perte et la profusion, ce qui habite l’humain d’intranquillité jusque dans ses derniers retranchements.

Christian Maccotta, directeur artistique des Boutographies


« LES ESPACES VOYOUS » DE Michel Le Belhomme
Tout se joue au plus près des objets, l’espace n’existe qu’obstrué, saturé. Le carré de l’image renforce ce jeu de plénitude, le photographe bourre son cadre comme un all over d’ombre et de lumière. Il y loge toutes sortes
d’installations précaires.
Dans les pratiques récentes ce lent protocole sculptural qui fait tableau a une histoire depuis les sculptures involontaires de Brassaï, en passant par les ready made à l’échelle et point de vue rectifiés par Patrick Tosani. Sans compter les variantes anamorphiques pour couples bricoleurs Loriot et Mélia ou Sue Webster et Tim Noble. Du premier Michel Le Belhomme a retenu l’utilisation des matériaux sans qualité, leur pouvoir de transformation. Du second il travaille la singularité des objets et leur métamorphose dans un jeu de proximité, perturbé par distance et variation d’échelle. Des derniers il a retenu
l’importance du point focal d’où tout se fige et se remet autrement en place.
Michel Le Belhomme a suivi l’enseignement de Tom Drahos à l’Ecole des Beaux Arts de Rennes. Il en a tiré toutes les
conséquences techniques de maîtrise et manipulation des paramètres propres à la photographie. Un certain humour tragique
en sus.S’il a aussi retenu toutes les leçons du coloriste il n’en garde pas la gamme aussi étincelante que flashy.
Les couleurs ici sont sourdes, elles travaillent en camaïeux de beige et de gris. Elles se réchauffent à l’occasion de quelques flammes de petites mises à feu expérimentales. Ces gammes subtiles se développent dans la pénombre complice d’un microlaboratoire pour des essais improbables. Oui ce sont là couleurs de nuit ou d’observations visuelles moins liées au rêve qu’à de petits cauchemars pour apprentis claustrophobes.Il en résulte moins angoisse que jouissance d’une perversion des codes régissant les espaces intimes.
« Malheureusement l’espace est resté voyou et il est difficile d’énumérer ce qu’il engendre. Il est discontinu comme on est escroc » ce que Georges Bataille évoquait dans Le dictionnaire critique en 1970 le photographe s’attelle à le réparer dans une perspective très actuelle.

En réaction à la froideur grand format des frontalités de l’Ecole de Dusseldorf on a dû subir ces dernières années tout l’ennui domestique de l’école du banal. Ce travail aujourd’hui vient nous venger de ces kilomètres de seconde à rechercher la mort exacte d’une médiocrité exaltée. Chaque image nous propose a contrario une aventure marquée du sceau d’un quotidien exalté.Certaines sont frappées d’une fatalité de mémoire, d’autres respirent le regain d’ énergie d’une matière qui se venge des petites constructions humaines. D’autres encore suintent leur parfum de catastrophe à l’échelle des sous-continents, vestiges de nos demeures. Toutes transpirent un baroque précieux de l’entropie des architectures intérieures.Produisant des images singulières qui auraient retenu les leçons des aphorismes d’Henri Michaux, Michel Le Belhomme rectifie dans son viseur ses sculptures d’une haute économie de moyens. Presque rien domestique et je ne sais quoi travaillé main développent une philosophie visuelle de la précarité faite oeuvre.

Christian Gattinoni, rédacteur en chef de lacritique.org

Home > photographers